Comment trouver le bon repreneur pour votre entreprise ?

Céder son entreprise ne se résume pas à trouver l'acheteur qui paie le plus cher. Le choix du repreneur détermine l'avenir de votre entreprise, le sort de vos équipes et la réussite de la transition. Voici comment identifier et sélectionner le repreneur idéal pour votre projet de transmission.

6 min de lecture
October 25, 2025
trouver le bon repreneur

Table des matières

Vinarom Vilaihongs

Introduction

Vous avez décidé de céder votre entreprise. Vous avez préparé votre société, optimisé sa valorisation, et vous êtes prêt à lancer le processus. Maintenant vient la question cruciale : À qui vendre ?

Cette question est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Car céder son entreprise, ce n'est pas vendre un bien immobilier au plus offrant. C'est transmettre une histoire, une culture, des équipes, des clients, un savoir-faire. C'est choisir qui va poursuivre ce que vous avez construit pendant des années.

Chez Auxine Partners, nous accompagnons des dizaines de cessions chaque année. Et nous constatons que le choix du repreneur est souvent plus important que le prix de vente. Un mauvais choix peut entraîner l'échec de la transition, le départ des équipes clés, la perte de clients, et finalement, la destruction de valeur.

À l'inverse, le bon repreneur peut faire prospérer votre entreprise, valoriser votre héritage et assurer une transition sereine.

Dans cet article, nous vous expliquons comment identifier les différents types de repreneurs, comment évaluer leur adéquation avec votre projet, et comment mener le processus de sélection pour trouver le partenaire idéal.

Les 5 profils de repreneurs : avantages et inconvénients

Il existe cinq grands profils de repreneurs. Chacun a ses motivations, ses forces et ses faiblesses. Comprendre ces profils vous aidera à cibler les bons candidats et à anticiper les enjeux de la négociation.

Profil 1 : Le repreneur personne physique (entrepreneur individuel)

Qui est-il ? Un cadre dirigeant, un manager expérimenté ou un entrepreneur qui souhaite reprendre une entreprise pour devenir son propre patron.

Ses motivations :

•Réaliser un projet entrepreneurial

•Gagner en autonomie et en responsabilités

•Construire son patrimoine

Avantages pour vous :

•Engagement personnel fort : Il met ses économies et sa carrière en jeu, il sera très impliqué

•Continuité : Il cherche à pérenniser l'entreprise, pas à la démanteler

•Respect de la culture : Il est souvent sensible à l'histoire et aux valeurs de l'entreprise

•Flexibilité : La négociation est souvent plus humaine et moins rigide

Inconvénients :

•Capacité de financement limitée : Il doit emprunter auprès des banques, ce qui peut limiter le prix

•Risque d'échec : S'il n'a jamais dirigé d'entreprise, la transition peut être difficile

•Processus plus long : Il doit monter son dossier de financement, ce qui prend du temps (3 à 6 mois)

Valorisation attendue : 4x à 6x EBITDA

Exemple :Jean, 45 ans, directeur commercial dans un grand groupe, reprend une PME industrielle de 3M€ de CA. Il finance l'acquisition avec un apport personnel de 200k€, un prêt bancaire de 1,2M€ et un crédit-vendeur de 300k€. Il s'implique à 100%, conserve toutes les équipes et fait croître l'entreprise de 20% en 3 ans.

Profil 2 : Le management (MBO - Management Buy-Out)

Qui est-il ? Vos propres managers ou cadres clés qui souhaitent reprendre l'entreprise.

Leurs motivations :

•Devenir actionnaires de l'entreprise qu'ils connaissent parfaitement

•Assurer la continuité et protéger leur emploi

•Bénéficier de l'effet de levier financier (LBO)

Avantages pour vous :

•Connaissance parfaite de l'entreprise : Pas de période d'apprentissage, transition immédiate

•Continuité totale : Culture, équipes, clients, tout est préservé

•Confiance : Vous connaissez leurs compétences et leur engagement

•Rapidité : Pas de due diligence longue, le processus peut être bouclé en 3 à 6 mois

Inconvénients :

•Capacité de financement limitée : Ils doivent monter un LBO avec un fonds, ce qui peut être complexe

•Prix souvent inférieur : Les managers négocient souvent une décote (10% à 20%) car ils connaissent les faiblesses de l'entreprise

•Risque de conflit : Si la négociation échoue, la relation de travail peut être compromise

Valorisation attendue : 4x à 5x EBITDA (avec décote de 10% à 20%)

Exemple :Marie, fondatrice d'un cabinet de conseil de 5M€ de CA, transmet son entreprise à ses deux associés via un MBO. Ils montent un LBO avec un fonds régional, rachètent 70% des parts (Marie conserve 30% pendant 3 ans), et assurent une transition parfaite. Marie touche 3,5M€ immédiatement et 1,5M€ en earn-out sur 3 ans.

Profil 3 : Le concurrent ou l'acteur du même secteur (acquisition stratégique)

Qui est-il ? Une entreprise concurrente ou complémentaire qui cherche à se renforcer sur le marché.

Ses motivations :

•Gagner des parts de marché

•Acquérir des clients, des compétences ou une technologie

•Éliminer un concurrent

•Réaliser des synergies (économies d'échelle, mutualisation)

Avantages pour vous :

•Prix élevé : Les synergies justifient un prix supérieur (6x à 8x EBITDA, voire plus)

•Rapidité : L'acquéreur connaît le marché, la due diligence est plus rapide

•Financement sécurisé : L'acquéreur a souvent les moyens de payer cash

Inconvénients :

•Risque de restructuration : Fusion des équipes, licenciements, fermeture de sites

•Perte d'autonomie : Votre entreprise sera intégrée dans un groupe, la culture peut être diluée

•Confidentialité : Risque de fuite d'informations si la transaction échoue

•Earn-out difficile : Si vous restez en poste, vous devrez travailler pour un concurrent

Valorisation attendue : 6x à 10x EBITDA (selon les synergies)

Exemple :Paul, fondateur d'une agence digitale de 8M€ de CA, vend à un groupe national qui cherche à se renforcer en région. Le groupe paie 8x EBITDA (6,4M€) car il anticipe des synergies importantes (mutualisation des fonctions support, cross-sell). Mais 50% de l'équipe de Paul est licenciée dans les 18 mois, et la marque disparaît.

Profil 4 : Le fonds d'investissement (LBO)

Qui est-il ? Un fonds de private equity qui investit dans des PME rentables pour les faire croître et les revendre 5 à 7 ans plus tard.

Ses motivations :

•Réaliser un retour sur investissement (objectif : 2x à 3x en 5-7 ans)

•Professionnaliser l'entreprise (gouvernance, reporting, stratégie)

•Accélérer la croissance (acquisitions, développement commercial)

Avantages pour vous :

•Prix attractif : 5x à 7x EBITDA

•Financement sécurisé : Le fonds a les moyens de payer

•Accompagnement stratégique : Le fonds apporte son expertise, son réseau et ses ressources

•Sortie partielle possible : Vous pouvez vendre 60% à 80% et rester actionnaire minoritaire

Inconvénients :

•Pression sur la performance : Le fonds attend une croissance forte (15% à 20% par an)

•Reporting intensif : Vous devrez rendre des comptes régulièrement (comités mensuels, budgets, KPIs)

•Horizon de sortie : Le fonds revendra l'entreprise dans 5 à 7 ans, ce qui peut créer de l'instabilité

•Restructuration possible : Le fonds peut imposer des changements (recrutements, licenciements, acquisitions)

Valorisation attendue : 5x à 7x EBITDA

Exemple :Sophie, fondatrice d'une société de formation de 10M€ de CA, vend 70% à un fonds. Elle touche 5,6M€ cash et conserve 30% (valorisés à 2,4M€). Le fonds investit dans le commercial, réalise 3 acquisitions et fait passer le CA à 25M€ en 5 ans. Sophie revend ses 30% lors de la sortie du fonds et touche 6M€ supplémentaires. Total : 11,6M€ (vs. 8M€ si elle avait tout vendu au départ).

Profil 5 : Le family office ou l'investisseur privé

Qui est-il ? Un particulier fortuné ou une structure patrimoniale qui investit dans des PME pour diversifier son patrimoine et générer des revenus.

Ses motivations :

•Diversifier son patrimoine (immobilier, actions, entreprises)

•Générer des revenus récurrents (dividendes)

•S'impliquer dans la gestion (passion, reconversion)

Avantages pour vous :

•Vision long terme : Pas de pression de sortie, l'investisseur peut garder l'entreprise 10 à 20 ans

•Flexibilité : Négociation souvent plus souple et humaine

•Autonomie : L'investisseur laisse souvent de l'autonomie au management

Inconvénients :

•Prix variable : Selon le profil de l'investisseur (4x à 6x EBITDA)

•Compétences limitées : L'investisseur n'a pas toujours l'expertise pour faire croître l'entreprise

•Risque de dilettantisme : Si l'investisseur se désintéresse, l'entreprise peut stagner

Valorisation attendue : 4x à 6x EBITDA

Exemple :Luc, fondateur d'une PME industrielle de 4M€ de CA, vend à un family office. L'investisseur paie 5x EBITDA (2M€), conserve toute l'équipe et laisse Luc diriger l'entreprise pendant 5 ans. L'entreprise croît doucement (+5% par an) mais reste stable et pérenne.

Les 6 critères pour évaluer un repreneur

Maintenant que vous connaissez les profils de repreneurs, comment évaluer leur adéquation avec votre projet ? Voici les 6 critères essentiels.

Critère 1 : La capacité financière

Question clé : Le repreneur a-t-il les moyens de financer l'acquisition ?

Ce qu'il faut vérifier :

•Apport personnel (pour une personne physique)

•Capacité d'emprunt (accord de principe bancaire)

•Solidité financière (pour une entreprise ou un fonds)

Red flag :Un repreneur qui n'a pas de plan de financement clair ou qui demande un crédit-vendeur supérieur à 30% du prix.

Critère 2 : Le projet entrepreneurial

Question clé : Que veut faire le repreneur de votre entreprise ?

Ce qu'il faut vérifier :

•Vision stratégique (croissance, diversification, internationalisation)

•Investissements prévus (commercial, R&D, acquisitions)

•Positionnement (haut de gamme, volume, spécialisation)

Red flag :Un repreneur qui n'a pas de vision claire ou qui veut tout changer immédiatement.

Critère 3 : Les compétences et l'expérience

Question clé : Le repreneur a-t-il les compétences pour diriger l'entreprise ?

Ce qu'il faut vérifier :

•Expérience managériale (a-t-il déjà dirigé une équipe ?)

•Connaissance du secteur (connaît-il le marché, les clients, les concurrents ?)

•Compétences techniques (maîtrise-t-il les métiers de l'entreprise ?)

Red flag :Un repreneur sans expérience de management ou qui ne connaît pas du tout le secteur.

Critère 4 : La culture et les valeurs

Question clé : Le repreneur partage-t-il vos valeurs et votre culture d'entreprise ?

Ce qu'il faut vérifier :

•Style de management (directif, participatif, délégatif)

•Valeurs (éthique, qualité, innovation, proximité client)

•Relation aux équipes (bienveillance, exigence, reconnaissance)

Red flag :Un repreneur qui ne s'intéresse pas aux équipes ou qui a une culture radicalement différente.

Critère 5 : Le sort des équipes

Question clé : Que va devenir votre équipe après la cession ?

Ce qu'il faut vérifier :

•Engagement de maintien de l'emploi (combien de temps ?)

•Politique salariale (augmentations, primes, avantages)

•Plan de développement des compétences (formations, évolutions)

Red flag :Un repreneur qui refuse de s'engager sur le maintien de l'emploi ou qui prévoit des licenciements massifs.

Critère 6 : La qualité de la relation

Question clé : Avez-vous confiance en ce repreneur ?

Ce qu'il faut vérifier :

•Transparence (dit-il la vérité sur ses intentions ?)

•Respect (respecte-t-il votre histoire et votre travail ?)

•Communication (écoute-t-il vos préoccupations ?)

Red flag :Un repreneur arrogant, méprisant ou qui ne tient pas ses engagements.

Le processus de sélection en 5 étapes

Maintenant que vous savez comment évaluer un repreneur, voici le processus de sélection que nous recommandons chez Auxine Partners.

Étape 1 : Définir votre profil de repreneur idéal

Avant de chercher, définissez ce que vous attendez du repreneur :

Questions à vous poser :

•Quel est mon objectif prioritaire ? (prix maximum, continuité, sort des équipes, rapidité)

•Quel profil de repreneur me correspond ? (personne physique, management, concurrent, fonds)

•Quelles sont mes lignes rouges ? (licenciements, délocalisation, changement de nom)

Conseil : Écrivez noir sur blanc vos critères et vos priorités. Cela vous aidera à rester cohérent pendant la négociation.

Étape 2 : Identifier et approcher les repreneurs potentiels

Sourcing :

•Réseau personnel (clients, fournisseurs, partenaires)

•Mandataires M&A (comme Auxine Partners)

•Plateformes de cession (Fusacq, Transentreprise)

•Approche directe (concurrents, fonds spécialisés)

Objectif : Constituer une liste de 10 à 20 repreneurs potentiels.

Conseil : Privilégiez la discrétion. Ne diffusez pas largement votre projet pour éviter les fuites.

Étape 3 : Qualifier les candidats (phase 1)

Première sélection :

•Envoi d'un teaser anonyme (présentation succincte de l'entreprise sans révéler son nom)

•Signature d'un NDA (accord de confidentialité)

•Envoi d'un dossier de présentation complet

Objectif : Réduire la liste à 5 à 8 candidats sérieux.

Étape 4 : Évaluer les candidats (phase 2)

Deuxième sélection :

•Rendez-vous physique avec chaque candidat (2 à 3 heures)

•Visite de l'entreprise

•Rencontre avec l'équipe de management (si pertinent)

•Réception des offres indicatives

Objectif : Réduire la liste à 2 à 3 finalistes.

Questions à poser lors des rendez-vous :

•Quel est votre projet pour l'entreprise ?

•Comment comptez-vous financer l'acquisition ?

•Que deviendront les équipes ?

•Quel rôle souhaitez-vous que je joue après la cession ?

•Quelles sont vos références (entreprises déjà reprises) ?

Étape 5 : Sélectionner le repreneur final

Critères de décision :

•Prix et structure de paiement (cash, earn-out, crédit-vendeur)

•Adéquation avec vos critères (projet, compétences, culture, équipes)

•Qualité de la relation (confiance, transparence, respect)

Conseil : Ne choisissez pas uniquement sur le prix. Un repreneur à 10% de moins mais qui coche toutes les cases est souvent un meilleur choix qu'un repreneur au prix maximum mais qui ne vous inspire pas confiance.

Les erreurs à éviter

Erreur 1 : Vendre au premier repreneur qui se présente

Le piège : Vous êtes pressé de vendre, un repreneur se présente avec une offre correcte, vous acceptez sans chercher d'autres candidats.

Conséquence : Vous passez à côté de repreneurs potentiellement meilleurs (prix, projet, adéquation).

Solution : Créez toujours une mise en concurrence avec au moins 3 à 5 candidats. Cela vous permet de comparer et de négocier.

Erreur 2 : Se focaliser uniquement sur le prix

Le piège : Vous choisissez le repreneur qui offre le prix le plus élevé, sans évaluer son projet, ses compétences ou sa culture.

Conséquence : La transaction échoue (financement non bouclé, due diligence catastrophique) ou la transition est un désastre (équipes qui partent, clients qui fuient).

Solution : Évaluez le repreneur sur l'ensemble des critères (prix, projet, compétences, culture, équipes, relation).

Erreur 3 : Négliger la phase de qualification

Le piège : Vous recevez des dizaines de candidats non qualifiés (curieux, concurrents qui veulent des informations, repreneurs sans moyens).

Conséquence : Vous perdez du temps, vous risquez des fuites d'informations, vous vous épuisez.

Solution : Mettez en place un processus de qualification rigoureux (teaser, NDA, dossier de présentation, capacité financière).

Erreur 4 : Ne pas impliquer vos équipes clés

Le piège : Vous menez la cession dans le secret total, sans impliquer vos managers ou cadres clés.

Conséquence : Vos équipes découvrent la cession au dernier moment, elles se sentent trahies, elles partent.

Solution : Impliquez vos équipes clés dès que possible (après la signature de la LOI - lettre d'intention). Organisez des rencontres avec le repreneur pour qu'ils apprennent à se connaître.

Conclusion

Trouver le bon repreneur pour votre entreprise est un exercice délicat qui nécessite du temps, de la méthode et de l'accompagnement. Ce n'est pas une course au prix maximum, c'est une quête du partenaire idéal qui saura poursuivre votre œuvre et valoriser votre héritage.

Les 3 clés à retenir :

1. Connaissez les profils de repreneursChaque profil a ses avantages et ses inconvénients. Identifiez celui qui correspond le mieux à vos objectifs et à vos valeurs.

2. Évaluez les repreneurs sur 6 critèresCapacité financière, projet, compétences, culture, sort des équipes, qualité de la relation. Le prix n'est qu'un critère parmi d'autres.

3. Suivez un processus de sélection rigoureuxDéfinir, identifier, qualifier, évaluer, sélectionner. Ne brûlez pas les étapes, prenez le temps de trouver le bon.

Chez Auxine Partners, nous accompagnons les dirigeants de PME pour identifier, qualifier et sélectionner le repreneur idéal. Notre réseau, notre expérience et notre méthode vous permettent de maximiser vos chances de réussir votre transmission.

Votre entreprise mérite le meilleur repreneur. Ne la confiez pas au hasard.

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